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School return 2026-2027: between official calendar and difficult reality for families and schools

 

Port-au-Prince, le 13 septembre 2026.- Lancée officiellement le 7 septembre, l’année académique se heurte à la réalité du terrain : les barrières économiques, les menaces sécuritaires et le déficit d’infrastructures scolaires privent encore de nombreux enfants de leur scolarité.

Pour de nombreux parents, le premier obstacle reste financier. Les frais de scolarité, les fournitures, les uniformes et les autres dépenses liées à la rentrée représentent une charge difficile à supporter dans un contexte économique déjà fragile. Cette réalité est également constatée par les responsables d’établissements scolaires. Louissaint Toussaint, directeur de l’Institution mixte Toussaint Louverture, appelle ainsi l’État à renforcer son accompagnement en faveur des familles, notamment à travers la mise à disposition de matériels scolaires comme les livres, les cahiers et les sacs à dos. Malgré ces difficultés, certains parents continuent de faire le choix d’envoyer leurs enfants à l’école. Faute de préparation, la rentrée s’est avérée complexe pour cette mère de famille, Daphnée Antoine. Malgré les difficultés, elle place l’instruction de son enfant au rang des responsabilités non négociables.

Dans certains établissements, cependant, les difficultés dépassent largement la question des moyens financiers des parents. Au Lycée Pierre Eustache Daniel Fignolé, son directeur, Anelas Carnol, décrit les conséquences durables de l’insécurité sur le fonctionnement de l’école. Depuis environ six ans, l’établissement a dû abandonner son espace principal et fonctionner dans différents locaux au fil des années. Ces déplacements successifs fragilisent la stabilité de l’institution et compliquent les conditions d’apprentissage. Le cas du Lycée Pierre Eustache Daniel Fignolé illustre ainsi une réalité plus large : lorsque l’insécurité contraint une école à quitter son environnement habituel, ce sont aussi la continuité pédagogique, l’organisation du personnel et les conditions d’accueil des élèves qui sont affectées.

La situation est encore plus préoccupante à l’École nationale de La Saline. Son directeur, Marcelin Michel, explique que l’établissement a quitté son local depuis le massacre de La Saline en 2018 et a depuis connu plusieurs déplacements. Avant la rentrée scolaire, l’école ne disposait toujours pas d’un espace définitif pour accueillir normalement les élèves et le personnel. Le propriétaire du local actuellement utilisé souhaite récupérer les lieux et, malgré les démarches entreprises auprès du ministère de l’Éducation nationale, les responsables de l’établissement disent être encore dans l’attente d’une solution. Alors que la deuxième semaine de fonctionnement de l’année scolaire est déjà entamée, une question demeure donc : où l’École nationale de La Saline pourra-t-elle fonctionner durablement au cours de l’année 2026-2027 ?

Ces difficultés ne concernent pas uniquement les infrastructures. Elles s’inscrivent dans une crise éducative plus large, aggravée par l’insécurité et la précarité économique. Dans son bilan sur la situation des enfants en Haïti, l’UNICEF indique que plus de 1 600 écoles ont été fermées durant l’année scolaire 2024-2025, privant plus de 243 000 élèves de leur accès à l’éducation et affectant environ 7 500 enseignants. L’organisation rapporte également que, selon le MENFP, plus d’un enfant haïtien sur quatre est actuellement privé de scolarisation.

À l’heure où l’année académique 2026-2027 est placée sous le thème « Yon lekòl pou tout moun », le principal défi ne consiste donc pas seulement à respecter les dates inscrites dans le calendrier scolaire. Il s’agit aussi de permettre aux familles de faire face aux dépenses scolaires, de garantir aux établissements des espaces stables et sécurisés et d’offrir aux enseignants de meilleures conditions de travail.

L’année scolaire 2026-2027 a été officiellement lancée, le lundi 7 septembre, au Lycée national Horatius Laventure, à Delmas 75, lors d’une cérémonie présidée par le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Déméro. Selon le calendrier du MENFP, l’année compte 194 jours de classe, avec une fermeture prévue le 2 juillet 2027 et plusieurs périodes réservées aux examens officiels. Sur le papier, le calendrier fixe donc un cadre précis pour l’année académique. Mais sur le terrain, la rentrée se heurte à une réalité beaucoup plus complexe, marquée par les difficultés économiques des familles, l’insécurité et les problèmes auxquels sont confrontés plusieurs établissements scolaires.

Le gouvernement a annoncé des mesures d’accompagnement devant toucher plus de 130 000 parents, mais leur mise en œuvre reste attendue par les familles concernées. Entre les ambitions du calendrier officiel et les réalités vécues dans les écoles et les foyers, la question demeure entière : quelles conditions faut-il réunir pour que chaque enfant puisse réellement avoir accès à une école sûre, stable et accessible ?

Wilson CADET

Author: InfoNation

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