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UN: Jean-Charles Moïse at the heart of a cross-border network that would weaken the Haitian economy

 

Port-au-Prince, le 8 octobre 2026.- L’ancien sénateur Jean-Charles Moïse a été indexé dans le rapport final du Groupe d’experts de l’ONU sur Haïti. Selon le document, le dirigeant du parti Pitit Dessalines est impliqué dans le commerce et la contrebande de civelles, ces petites anguilles dont le kilogramme peut atteindre 5 000 dollars américains sur le marché international. Selon le rapport, le dirigeant de Pitit Dessalines contrôlerait une grande partie de la chaîne d’approvisionnement, exercerait une influence sur la délivrance des permis d’exportation et certains agents des douanes. Il dirigerait aussi un réseau d’exportateurs illicites connecté à un circuit criminel transnational opérant dans les Caraïbes.

Les civelles constituent l’une des ressources naturelles les plus lucratives d’Haïti. Le Groupe d’experts estime qu’un kilogramme se vend entre 3 000 et 5 000 dollars sur le marché international, alors que les pêcheurs haïtiens ne perçoivent qu’entre 0,34 et 1,70 dollar le kilogramme sur le marché intérieur.

Pour l’ONU, ce secteur reste particulièrement vulnérable en raison de son manque de réglementation, de son opacité et de la corruption qui l’entoure. Le rapport souligne également qu’Haïti n’est toujours pas partie à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, ce qui laisse le commerce des civelles exposé aux activités illicites.

Moïse présenté comme le principal acteur du secteur

Le rapport présente Jean-Charles Moïse, homme d’affaires originaire du Nord, secrétaire général de Pitit Dessalines, ancien candidat à la présidence et ancien sénateur du Nord, comme la principale figure dominant le secteur des civelles en Haïti.

Selon le Groupe d’experts, son influence s’étendrait à l’ensemble de la chaîne, de l’exploitation à la commercialisation. Des sources citées dans le rapport affirment notamment que son réseau déciderait des personnes affectées au bureau chargé de délivrer les permis d’exportation de civelles.

Une influence sur l’administration et les douanes

Le Groupe d’experts affirme également que Moïse exerce une influence politique et économique sur le secteur, notamment auprès du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), qui intervient dans la délivrance des permis d’exportation.

Le rapport affirme aussi que cette influence s’étendrait à certains agents des douanes chargés du contrôle des exportations. Selon les sources recueillies par les enquêteurs, des agents auraient été poussés à faciliter des opérations de fraude fiscale. Ceux qui refusaient de se conformer aux demandes auraient été mutés, tandis que le refus d’accepter des pots-de-vin aurait, selon certaines victimes, entraîné des représailles.

Un réseau de contrebande au-delà d’Haïti

Le Groupe d’experts affirme que Jean-Charles Moïse dirige un réseau d’exportateurs illicites relié à un réseau régional plus vaste opérant dans les eaux des Caraïbes. Le rapport estime que ces activités contribuent à l’affaiblissement de l’économie haïtienne tout en favorisant des réseaux criminels de contrebande à l’échelle régionale.

Durant la saison 2024-2025, alors que la suspension des vols entre Port-au-Prince et les États-Unis compliquait les exportations, le rapport indique que Moïse aurait mobilisé son réseau dans le département du Nord. Des douaniers haïtiens auraient facilité des opérations de fraude fiscale, tandis que des propriétaires dominicains d’embarcations privées auraient assuré le transport des civelles hors du pays.

Une enquête sur Fort-Liberté renforce les soupçons

L’enquête menée sur un incident survenu le 20 décembre 2024 à Fort-Liberté a permis au Groupe d’experts d’approfondir ses investigations. Selon le rapport, les éléments recueillis feraient apparaître un réseau criminel organisé transnational dirigé par Moïse.

Ce réseau aurait mélangé des marchandises provenant de fournisseurs illicites de la région et d’Haïti avant de les exporter en les présentant comme étant exclusivement d’origine haïtienne. Le Groupe d’experts précise que ces informations ont été confirmées par plusieurs sources, notamment des personnes affiliées au réseau et des enquêteurs travaillant sur ses activités.

Des exportations sans documents légaux

En juin 2026, les services douaniers d’un État membre ont également confirmé au Groupe d’experts l’existence d’un réseau s’approvisionnant en civelles en Haïti. Deux affaires de contrebande de civelles vivantes, survenues entre octobre et décembre 2024, ont été reliées par les enquêteurs au même mode opératoire : tentative d’exportation sans les documents légalement requis.

Le Groupe d’experts affirme avoir poursuivi ses investigations en Haïti et établi que ces deux affaires s’inscrivaient dans une série d’exportations effectuées par le réseau de Jean-Charles Moïse durant la saison 2024-2025. Le rapport dessine ainsi le portrait d’un secteur où ressources naturelles, influence politique, administration publique, fraude douanière et réseaux transnationaux de contrebande se croisent.

W.A.

Author: InfoNation

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