Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à la tribune des Nations unies, lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York•©️photo : Primature
New York, le 25 septembre 2026.- Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présenté, ce vendredi 25 septembre, à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, les trois priorités de son gouvernement : rétablir la sécurité, organiser des élections crédibles et relancer l’économie. Son intervention a également convoqué la mémoire des héros de l’indépendance, figures centrales de l’histoire haïtienne et régulièrement présentes dans les prises de parole des dirigeants du pays sur les grandes tribunes internationales.
La sécurité au premier plan
Alix Didier Fils-Aimé a placé la crise sécuritaire au cœur de son intervention. Il a évoqué le renforcement des forces nationales, la lutte contre le trafic d’armes et de munitions ainsi que la lutte contre l’impunité. Il a notamment cité le programme P4000+ destiné à renforcer la Police nationale d’Haïti (PNH) et annoncé le renforcement des Forces armées d’Haïti (FAd’H), avec l’objectif de porter leurs effectifs à plus de 15 000 soldats au cours des trois prochaines années.
Le chef du gouvernement a également insisté sur l’augmentation des moyens budgétaires, les besoins en personnel et en équipements, le plein déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), la réactivation de l’organe chargé du désarmement et la lutte contre les trafics alimentant les groupes armés. Ces annonces interviennent alors que les enlèvements de civils, notamment d’élèves et de responsables de l’administration publique, illustrent les difficultés persistantes de l’État à assurer la protection de la population. Le Premier ministre a par ailleurs rendu hommage aux ressortissants étrangers morts en Haïti dans le cadre des efforts internationaux et remercié les pays engagés dans cette réponse, notamment le Kenya.
Des élections et une relance économique
Le Premier ministre a réaffirmé la volonté de son gouvernement d’organiser des élections démocratiques afin de sortir du cycle des transitions, tout en appelant les jeunes et les femmes à participer davantage à la vie politique. Sur le plan économique, il a défendu le passage « de l’aide à l’investissement, de l’assistance à la production et de la dépendance au partenariat », avec l’objectif de favoriser l’emploi et les opportunités durables. La migration a également été abordée sous l’angle d’une responsabilité partagée entre Haïti et ses partenaires. Le Premier ministre a aussi salué l’appui de plusieurs partenaires internationaux, dont les Nations unies, les États-Unis, le Canada, la France, le Mexique, la Communauté caribéenne (CARICOM), l’Organisation des États américains (OEA) et l’Union européenne (UE).
Les héros de l’Indépendance en toile de fond
La mémoire de l’Indépendance a occupé une place importante dans le discours. En évoquant Toussaint Louverture, le Premier ministre a fait référence à la liberté, à la souveraineté et au combat ayant conduit à l’indépendance de 1804. Plusieurs passages ont été accueillis par des applaudissements. Mais au-delà de la portée symbolique de ces références historiques, le discours sera surtout confronté aux résultats : sécurité effective de la population, recul des groupes armés, élections et reprise de l’activité économique.
Des annonces à la réalité haïtienne
À la tribune de l’ONU, Alix Didier Fils-Aimé a donc articulé son intervention autour de trois chantiers : sécurité, élections et relance économique, tout en les inscrivant dans la mémoire de l’Indépendance.
La portée de ces engagements se mesurera surtout à leur traduction concrète en Haïti. Les annonces formulées devant la communauté internationale devront désormais se confronter aux réalités quotidiennes de la population et aux résultats obtenus sur les différents chantiers annoncés.

R.J.






