Port-au-Prince, le 15 octobre 2026.- Dans une intervention à l’émission Panel Magik ce 15 octobre, Guichard Doré, professeur d’université, a mis en lumière les défis structurels du système de retraite en Haïti, notamment la viabilité financière de l’Office national d’Assurance-Vieillesse (ONA). Il a expliqué les différences entre le système par répartition et celui par capitalisation, tout en soulignant les enjeux liés à l’augmentation de l’espérance de vie, au financement des pensions et à l’équité entre les générations.
Guichard Doré a d’abord rappelé que le système par répartition repose sur la solidarité intergénérationnelle. Dans ce modèle, les cotisations des travailleurs en activité servent à financer les pensions des retraités. Son fonctionnement dépend donc notamment du nombre de cotisants et du nombre de bénéficiaires.
À l’inverse, le système par capitalisation repose sur l’accumulation des cotisations dans un fonds de pension, généralement investi afin de générer des rendements. Toutefois, ce mécanisme expose les épargnants aux fluctuations des marchés financiers, qui peuvent réduire la valeur des fonds en période de crise économique.
Abordant le cas de l’ONA, Guichard Doré a rappelé que l’institution a été créée en 1965, avant le début du versement des premières pensions en 1985, selon ses explications. Il a souligné que les paramètres démographiques ont considérablement évolué depuis la mise en place du système, notamment avec l’augmentation de l’espérance de vie et la prolongation de la période pendant laquelle les retraités perçoivent leur pension.
Selon lui, cette évolution pose un problème de soutenabilité financière lorsque les cotisations accumulées ne suffisent pas à couvrir les prestations sur une période de retraite plus longue. Il estime également que le système doit mieux prendre en compte l’équilibre entre les générations afin d’éviter que les ressources disponibles ne permettent plus de répondre aux engagements envers les retraités.
Pour Guichard Doré, toute réforme du système de retraite doit tenir compte de plusieurs facteurs, notamment la démographie, l’évolution de l’espérance de vie, le financement des pensions et la capacité de gestion des fonds. Ces éléments sont essentiels pour évaluer les options de réforme et garantir la pérennité du système de protection sociale en Haïti.
W. A.






