Port-au-Prince, le 7 octobre 2026.- Lancée en 2019 à l’initiative du groupe « Cotton-4 » et célébrée chaque 7 octobre, la Journée mondiale du coton vise à sensibiliser à l’importance économique et sociale de cette fibre, notamment pour les producteurs et les travailleurs de sa chaîne de valeur. Pour son édition 2026, placée sous le thème « Le coton au service du bien : bâtir la prospérité par le commerce, la transformation et les partenariats », elle met l’accent sur le rôle du secteur dans la création de revenus, d’emplois et d’opportunités. Pour Haïti, cette journée renvoie aussi à une filière autrefois destinée à l’exportation, aujourd’hui largement disparue.
Le coton n’a pas toujours été marginal dans l’économie haïtienne. Après avoir occupé une place dans l’économie d’exportation héritée de Saint-Domingue, la culture cotonnière s’est développée au cours du XXe siècle jusqu’à devenir une source importante de revenus et de devises. Dans les années 1930, la production atteignait plusieurs dizaines de milliers de tonnes de coton-graine. Mais les ravageurs, les difficultés techniques et le recul des investissements ont progressivement affaibli la filière. À la fin des années 1970, la production avait fortement chuté et Haïti était devenue importatrice de fibre de coton. L’histoire du coton témoigne ainsi du recul d’une production qui avait autrefois permis au pays de participer au commerce international.
Ce recul ne concerne toutefois pas uniquement le coton. D’autres productions haïtiennes restent exposées aux ravageurs, aux maladies et aux difficultés liées à la protection phytosanitaire. La FAO accompagne notamment les autorités haïtiennes dans la lutte contre certains ravageurs qui affectent les cultures. À cette vulnérabilité s’ajoutent les difficultés d’accès aux intrants, aux marchés et aux infrastructures agricoles. La protection de la production apparaît ainsi comme une condition essentielle pour permettre aux agriculteurs de préserver leurs récoltes et de renforcer leur capacité à approvisionner les marchés. La faiblesse de ces dispositifs soulève également la question de la capacité du pays à protéger durablement ses filières agricoles face aux différentes menaces qui les affectent.
Le problème haïtien ne se résume donc pas à la disparition du coton. C’est une partie de la capacité productive du pays qui s’est progressivement érodée. Des filières agricoles subsistent en Haïti, mais leur développement reste limité par les ravageurs, les difficultés de production, l’insécurité, le coût du transport et le manque d’infrastructures de transformation. Ces contraintes réduisent la capacité d’Haïti à être compétitive sur les marchés internationaux. Le coton nous rappelle ainsi une évidence : avant de vouloir conquérir les marchés internationaux, Haïti doit d’abord être capable de protéger, de transformer et de valoriser ce qu’elle produit.
R.J. avec ONU-FAO






