Le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé pour un an les sanctions visant Haïti, notamment les interdictions de voyager, le gel des avoirs et l’embargo sur les armes, sans désigner de nouvelles personnes malgré les accusations d’implication de responsables politiques dans le financement des gangs armés. Adoptée mercredi par 14 voix, avec l’abstention de la Russie, la résolution prolonge également de 13 mois le mandat du groupe d’experts chargé d’enquêter sur les réseaux qui alimentent l’insécurité.
Le groupe devra présenter un rapport provisoire au Conseil avant le 28 mars 2027, puis un rapport final avant le 1er septembre de la même année. Les discussions ont toutefois révélé des divergences entre les membres sur l’opportunité d’élargir la liste des personnes sanctionnées, qui comprend principalement des membres de gangs. La Russie a justifié son abstention en invoquant les risques d’ingérence extérieure dans un contexte politique fragile, tout en reconnaissant l’inefficacité du régime actuel de sanctions.
À l’inverse, le Panama, co-auteur du texte avec les États-Unis, a plaidé pour de nouvelles désignations, notamment de personnes soupçonnées d’utiliser leur pouvoir ou leur influence pour financer les gangs et tirer profit de leurs activités criminelles. L’absence de nouvelles mesures punitives laisse ainsi en suspens la question des responsabilités présumées de certaines personnalités politiques et économiques dans la persistance de la crise sécuritaire haïtienne.






