L’analyste Charles D. Prospère
Port-au-Prince, le 9 juillet 2026.- Invité de l’émission Panel Magik sur Magik 9, ce jeudi 9 juillet, l’analyste Charles D. Prospère a livré sa lecture de la stratégie de la Force de répression des gangs (FRG). Selon lui, le document stratégique de la mission ne promet pas l’élimination des groupes armés, mais vise plutôt à réduire leur capacité de nuisance et à rétablir des conditions minimales de sécurité permettant à l’État de reprendre progressivement le contrôle de certaines zones.
Une stratégie axée sur la réduction de la menace
Pour Charles D. Prospère, le document stratégique présenté par la FRG est souvent interprété à tort. Il souligne que la mission ne fixe nulle part comme objectif l’éradication complète des gangs.
Selon lui, la priorité affichée consiste à affaiblir durablement les groupes armés en réduisant leur capacité à contrôler des territoires, à s’approvisionner en armes et en munitions et à poursuivre leurs activités criminelles.
« L’objectif est de créer des conditions minimales de sécurité « , résume-t-il.
Des résultats mesurables plutôt qu’une promesse d’élimination
L’analyste relève que la FRG s’appuie sur des indicateurs précis pour évaluer ses progrès. Parmi eux figurent notamment la réouverture de certains axes routiers stratégiques, le rétablissement de l’accès à des infrastructures essentielles et d’autres objectifs mesurables définis dans le document.
Il observe toutefois que la mission a volontairement limité ses ambitions à des résultats concrets et évaluables, plutôt qu’à une promesse de disparition totale des gangs.
Une stratégie qui appelle à une évaluation rigoureuse
Charles D. Prospère estime que la présence d’indicateurs de performance constitue un élément positif, mais souligne que leur interprétation devra être accompagnée d’une méthodologie claire afin de mesurer objectivement les progrès réalisés.
Selon lui, il sera essentiel d’apprécier les résultats en fonction de critères transparents et comparables afin d’évaluer l’efficacité réelle de la mission.
La sécurité ne dépend pas uniquement des opérations armées
L’analyste rappelle enfin que la crise sécuritaire haïtienne ne pourra pas être résolue par les seules interventions policières et militaires.
À ses yeux, le retour durable de la sécurité passe également par des réponses politiques, institutionnelles, économiques et sociales capables de s’attaquer aux causes profondes de la violence.
W. A.






