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États-Unis-Déportations : Me Eddy Laguerre alerte sur les risques pour les bénéficiaires du programme humanitaire

Me Eddy Laguerre

Washington, le 18 août 2026.- La décision récente d’une Cour fédérale américaine ouvre la voie à l’application élargie de la procédure de déportation accélérée à des migrants entrés aux États-Unis dans le cadre du programme humanitaire mis en place sous l’administration Biden. Invité ce mardi 18 août 2026 à l’émission Panel Magik de Magik 9, l’avocat Eddy Laguerre a expliqué que cette évolution pourrait particulièrement affecter les ressortissants haïtiens, alors que le statut de protection temporaire (TPS) de nombreux bénéficiaires arrive également à échéance.

Selon Me Eddy Laguerre, la décision judiciaire du 11 août ne signifie pas que tous les bénéficiaires du programme humanitaire seront automatiquement expulsés. Elle confirme toutefois que le gouvernement américain dispose de plusieurs bases juridiques lui permettant de recourir à la déportation accélérée, sans passage préalable devant un juge de l’immigration dans certains cas.

L’avocat explique que la procédure peut notamment concerner des personnes qui ne peuvent pas démontrer une présence suffisamment longue aux États-Unis pour bénéficier d’une procédure régulière devant un tribunal. Dans le cadre d’une déportation accélérée, une personne arrêtée peut être interrogée par un agent de l’immigration. Si elle exprime une crainte de retourner dans son pays, elle peut être soumise à une entrevue visant à déterminer si cette crainte est crédible.

Si cette crainte est jugée crédible, le dossier peut évoluer vers une procédure devant un juge. Dans le cas contraire, la personne peut faire l’objet d’une mesure de déportation accélérée, selon les circonstances de son dossier.

Une décision qui inquiète la communauté haïtienne

Me Laguerre estime que la situation est particulièrement préoccupante pour la communauté haïtienne. Il rappelle que plus de 200 000 personnes ont bénéficié du programme humanitaire concernant Haïti, Cuba, le Venezuela et le Nicaragua.

L’avocat affirme également constater une hausse des arrestations visant des personnes des personnes dont le TPS a expiré et, dans certains cas, des demandeurs d’asile. Il évoque notamment des arrestations effectuées lors de contrôles routiers ou après l’identification de personnes par les autorités de l’immigration.

Cette situation intervient alors que plusieurs bénéficiaires du programme humanitaire se retrouvent dans une période d’incertitude juridique. Certains ont engagé des démarches d’asile ou d’autres procédures d’immigration qui peuvent s’étendre sur plusieurs années, notamment en cas d’appel devant le Board of Immigration Appeals.

Concernant les sponsors des bénéficiaires du programme humanitaire, Me Laguerre indique ne pas disposer d’éléments démontrant l’existence d’une campagne systématique visant ces personnes. Il précise toutefois que les autorités peuvent poser des questions sur le rôle du sponsor dans certaines procédures d’immigration.

Face à cette évolution, l’avocat invite les personnes concernées à suivre attentivement leur situation juridique et à ne pas considérer l’expiration d’un statut comme une simple formalité administrative. Les conséquences peuvent dépendre du parcours migratoire, de la présence ou non d’une procédure devant un tribunal et des autres protections éventuellement disponibles.

W. A.

Auteur : InfoNation

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