Port-au-Prince, le 6 octobre 2026.- La justice haïtienne n’a pas remis aux autorités américaines les prévenus dans l’affaire de l’assassinat de Jovenel Moïse, selon Marthel Jean Claude, membre de l’Association professionnelle des magistrats (APM). Il a soutenu, lors d’une intervention sur une station de radio de la capitale, que leur transfert relève d’une décision du gouvernement et n’engage pas le pouvoir judiciaire. Le magistrat dénonce également un recul de l’État de droit et appelle à renforcer les moyens accordés à la justice.
« C’est une décision du gouvernement de soustraire ces prévenus à la justice haïtienne. Cette décision n’engage en rien le pouvoir judiciaire », a déclaré Marthel Jean Claude. Il a rappelé la note publiée par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) pour dénoncer la décision des autorités concernant ces prévenus, parmi lesquels figurent 17 ressortissants colombiens suspectés dans l’assassinat de l’ancien président.
Marthel Jean Claude estime que cette situation illustre les difficultés auxquelles fait face le système judiciaire haïtien. Selon lui, le manque de moyens financiers limite fortement la capacité de la justice à remplir sa mission et contribue au recul de l’État de droit.
« Investir dans la justice, c’est investir dans le développement », a insisté Marthel Jean Claude. Il estime que sans un investissement conséquent dans le système judiciaire, les ambitions de développement du pays resteront un « vœu pieux ». Pour lui, le renforcement de la justice constitue une condition essentielle à la consolidation de l’État de droit et au développement d’Haïti.
W. A.






