Abdonel Doudou
Port-au-Prince, le 10 septembre 2026.- Invité ce jeudi 10 septembre 2026 à l’émission Panel Magik sur Magik 9, Abdonel Doudou, de l’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (OCID), a insisté sur la nécessité de réunir des conditions minimales de sécurité avant l’organisation des élections en Haïti. Il appelle également à des correctifs dans le processus électoral, à une réévaluation de la transition et à un dialogue véritablement inclusif entre les acteurs haïtiens, avec l’appui éventuel de la CARICOM comme facilitateur.
Selon Abdonel Doudou, la sécurité ne doit pas être considérée comme un simple préalable technique aux élections, mais comme une condition fondamentale à la participation citoyenne. Il estime que les électeurs doivent pouvoir circuler librement et accéder aux bureaux de vote sans être exposés aux violences. Dans les conditions actuelles, « les élections ne sont pas possibles », soutient-il, tout en réaffirmant la nécessité d’aboutir à un gouvernement exécutif légitime.
Le représentant de l’OCID estime également que le Conseil électoral provisoire (CEP) doit créer les conditions permettant aux partis politiques et aux citoyens de participer au scrutin. Il plaide ainsi pour une évolution du cadre légal et institutionnel du processus électoral afin d’éviter que des dispositions ou des contraintes ne constituent des barrières à la participation des acteurs remplissant les conditions requises.
Abdonel Doudou s’est par ailleurs prononcé en faveur d’une réflexion sur la transition politique. Pour lui, « repenser la transition » ne signifie pas simplement remplacer le Premier ministre ou des ministres, mais revoir la composition et le fonctionnement de l’équipe dirigeante en fonction des résultats attendus, notamment dans la lutte contre l’insécurité. Il estime que l’absence de résultats dans ce domaine doit conduire à des changements au niveau gouvernemental.
Concernant l’implication de la CARICOM dans la crise haïtienne, Doudou défend le rôle de l’organisation régionale comme facilitateur plutôt que comme acteur imposant des solutions. Il rappelle qu’Haïti fait partie de la CARICOM et que cette appartenance peut renforcer sa capacité de négociation et faciliter le dialogue avec d’autres pays de la région.
Il insiste toutefois sur le fait que la solution à la crise doit rester haïtienne. Selon lui, toute initiative de médiation doit favoriser un dialogue inclusif réunissant les différents secteurs, y compris ceux dont les positions divergent. Enfin, Abdonel Doudou affirme que les échanges avec certaines personnalités régionales doivent permettre de mieux comprendre la situation haïtienne et de rechercher des mécanismes de facilitation. Il rejette l’idée d’une imposition de solutions étrangères, tout en reconnaissant que les acteurs internationaux, notamment régionaux, peuvent contribuer à créer les conditions nécessaires à un dialogue inter-haïtien capable de déboucher sur des décisions concernant l’avenir du pays.
W. A.






