Me Carlos Hercule
Port-au-Prince, le 9 septembre 2026.-
Le processus électoral en cours en Haïti suscite de nouvelles inquiétudes. Invité ce mercredi 9 septembre à l’émission Magik 9, l’ancien vice-président du Conseil Électoral Provisoire (CEP), Carlos Hercule, a relevé des incohérences dans le calendrier électoral, notamment le lancement de la campagne fixé au 5 octobre, alors que la liste définitive des candidats doit être publiée le 14 octobre. Il s’est également alarmé du faible rythme des inscriptions électorales, qui atteignent environ 731 445 personnes pour un corps électoral estimé à plus de 7,2 millions.
Carlos Hercule estime que toute modification du calendrier électoral doit être analysée dans son ensemble, puisque les différentes étapes du processus sont interdépendantes. Il rappelle que les inscriptions doivent prendre fin le 20 septembre, que le dépôt des pièces est prévu jusqu’au 22 septembre, l’analyse des dossiers jusqu’au 28 septembre et la publication des listes préliminaires le 29 septembre. Or, le lancement de la campagne est maintenu au 5 octobre, soit avant la publication de la liste définitive des candidats prévue le 14 octobre.
Pour l’ancien responsable électoral, cette situation constitue une incohérence qui ne devrait pas être banalisée. Les candidats pourraient en effet commencer à faire campagne alors que leur candidature n’aurait pas encore été définitivement validée. Il estime qu’il s’agit vraisemblablement d’une erreur ou d’une inattention et insiste sur la nécessité d’une meilleure articulation entre les différentes étapes. Selon lui, « le calendrier électoral n’est pas une succession de dates », mais un ensemble qui doit conserver une cohérence juridique et opérationnelle.
Carlos Hercule rappelle également que le calendrier électoral a déjà connu plusieurs modifications depuis le décret publié le 1er décembre 2025 sous le Conseil présidentiel de transition. Les changements intervenus dans le cadre juridique et les accords politiques autour de l’organisation des élections ont conduit à une révision du décret électoral et du calendrier. Il déplore toutefois un manque de communication autour de ces ajustements et appelle les autorités à davantage de rigueur, particulièrement après près de dix ans sans élections.
L’autre préoccupation majeure soulevée concerne les inscriptions électorales. Selon les chiffres évoqués lors de l’émission, environ 731 445 personnes sont actuellement inscrites, soit près de 7,4 % d’un corps électoral estimé à 7,2 millions. Carlos Hercule juge ce rythme insuffisant, d’autant que les inscriptions quotidiennes oscilleraient récemment entre 11 000 et 15 000. Il souligne également la nécessité d’épurer et d’actualiser le registre électoral afin de disposer d’une base fiable regroupant des électeurs effectivement vivants, identifiés et habilités à voter.
Face à ces difficultés, l’ancien vice-président du CEP estime qu’il est nécessaire de prendre le temps de réévaluer certains aspects du processus. Il met notamment en garde contre les dispositions du décret électoral qui imposent aux citoyens de se présenter personnellement dans les centres d’inscription, estimant que ces exigences peuvent constituer un obstacle à la participation. Pour Carlos Hercule, la crédibilité des prochaines élections dépendra notamment de la cohérence du calendrier, de la fiabilité du registre électoral et de la capacité des autorités à corriger rapidement les failles identifiées.
W. A.






