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Migration : plus de 27 000 Haïtiens rapatriés depuis la République dominicaine en juillet, alerte le GARR

 

Santiago, le 2 septembre 2026.- Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des mouvements migratoires à la frontière haïtiano-dominicaine. Selon son rapport de juillet 2026, 27 817 personnes ont été rapatriées vers Haïti, auxquelles s’ajoutent 30 492 retours spontanés et 8 248 refoulements enregistrés aux quatre points frontaliers officiels. L’organisation estime que cette situation intervient alors qu’Haïti dispose de capacités limitées pour accueillir de nouvelles vagues de personnes expulsées.

Les données recueillies par le GARR entre le 1er et le 31 juillet dans les points frontaliers d’Anse-à-Pitres, Belladère, Malpasse et Ouanaminthe révèlent l’ampleur des flux en provenance de la République dominicaine. Ouanaminthe a enregistré le plus grand nombre de rapatriements, avec 10 836 personnes, suivi de Belladère avec 9 349, Malpasse avec 5 208 et Anse-à-Pitres avec 2 424. Le rapport relève également la présence de groupes particulièrement vulnérables, dont 175 femmes enceintes, 81 femmes allaitantes, 176 personnes vivant avec un handicap et 222 mineurs non accompagnés parmi les différents flux recensés.

La pression migratoire ne se limite toutefois pas à la frontière haïtiano-dominicaine. Aux États-Unis, la fin du Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens, intervenue le 27 juillet, expose selon le GARR environ 350 000 Haïtiens à la menace de déportation. L’organisation rapporte également que des vols d’expulsion depuis les États-Unis doivent se poursuivre et que certains anciens bénéficiaires du TPS ont été convoqués par les services de l’immigration. En juillet, 303 Haïtiens ont par ailleurs été déportés par d’autres pays, notamment des Bahamas, des Turques-et-Caïques et des États-Unis.

Face à l’augmentation des flux et à la multiplication des expulsions, le GARR estime qu’Haïti doit renforcer de toute urgence ses mécanismes d’accueil et de protection des personnes migrantes. En juillet, son centre de Belladère a déjà pris en charge 532 personnes rapatriées, leur fournissant notamment nourriture, hébergement, soins médicaux et soutien psychosocial. Pour le GARR, au-delà des statistiques, ces chiffres révèlent surtout une réalité humaine : sans dispositif national d’accueil adapté, chaque nouvelle vague de déportations risque d’aggraver une crise humanitaire déjà profonde.

R. J.

Auteur : InfoNation

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