Le porte-parole de la FRG, Igor Rugwiza
Port-au-Prince, le 1er septembre 2026.-La Force de répression des gangs (FRG) n’est pas encore en mesure de confirmer l’arrivée des 5 500 hommes en uniforme prévus par la résolution qui encadre sa mission. Son porte-parole, Igor Rugwiza, assure que les opérations se poursuivent sur le terrain. Invité ce mardi 1er septembre 2026 à l’émission Panel Magik de Magik 9, il a notamment évoqué les opérations déjà menées à Tabarre, l’extension du déploiement vers Cité-Soleil, le bas de Port-au-Prince et l’Artibonite, ainsi que la mise en place de bases opérationnelles avancées.
La FRG est encore en phase de déploiement, mais elle n’attend pas d’avoir atteint son effectif maximal pour agir. Selon Igor Rugwiza, les premières opérations ont débuté dès le 21 juin. À Tabarre, une opération a notamment permis la saisie d’une cache d’armes et la destruction de cocktails Molotov qui auraient été destinés à attaquer les véhicules blindés des forces de sécurité. Plusieurs personnes soupçonnées d’appartenir à des gangs ont également été interpellées avant d’être remises aux autorités judiciaires haïtiennes.
Le porte-parole de la FRG souligne que les patrouilles constituent également des opérations puisqu’elles permettent de sécuriser et de contrôler progressivement certains territoires, tout en recueillant du renseignement. La stratégie repose ainsi sur des interventions ciblées et fondées sur le renseignement contre les groupes criminels.
Concernant le retard dans le déploiement des contingents, Igor Rugwiza évoque des difficultés logistiques, tout en précisant que cette question relève principalement du bureau d’appui des Nations unies chargé de fournir le soutien logistique à la FRG. Plusieurs pays continuent d’annoncer leur volonté de participer à la mission, mais les dates d’arrivée peuvent évoluer en fonction des contraintes logistiques. La FRG préfère donc annoncer l’arrivée effective des troupes plutôt que des dates prévisionnelles.
Pour le porte-parole, il est encore prématuré de parler de territoires « récupérés ». Une opération militaire ne suffit pas, selon lui, à considérer une zone comme durablement reprise aux gangs. Il faut notamment que la PNH ou les Forces armées d’Haïti puissent y assurer la sécurité et que les services essentiels, notamment les écoles et les structures de santé, puissent reprendre leurs activités. À Tabarre, le retour progressif de certains habitants, des tap-taps, des petits commerces et des étals est toutefois présenté comme un signe encourageant.
La FRG entend par ailleurs renforcer sa capacité de projection grâce à des bases opérationnelles avancées. Celles-ci doivent permettre aux contingents d’être plus proches des zones d’intervention et de consolider leur présence sur le terrain. La force prévoit également de renforcer ses capacités aériennes et de disposer d’unités maritimes afin notamment de lutter contre les voies d’approvisionnement des gangs en armes, en drogues et en ressources financières, ainsi que contre certains trafics transfrontaliers entre Haïti et la République dominicaine.
Enfin, la FRG insiste sur son rôle de soutien aux autorités haïtiennes. Elle affirme travailler étroitement avec la PNH et les FADH, à travers des opérations conjointes ou autonomes, l’échange de renseignements et la coordination sur le terrain. L’objectif affiché est de contribuer à créer les conditions permettant aux forces nationales de se renforcer et, à terme, de reprendre durablement le contrôle des territoires.
W. A.






