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Crise haïtienne : Michel Soukar plaide pour un pacte patriotique avant toute élection

L’historien Michel Soukar

Port-au-Prince, le 2 septembre 2026.- Dans une lettre ouverte publiée le mardi 1er septembre et relayée par l’écrivain Gary Victor, l’historien et écrivain haïtien Michel Soukar, interpelle les dirigeants politiques, les acteurs de la société civile, les secteurs économiques, la communauté universitaire et la diaspora haïtienne sur la crise qui secoue le pays. Selon lui, l’organisation d’élections ne saurait, à elle seule, résoudre les problèmes structurels d’Haïti. Il appelle plutôt à une démarche collective visant à reprendre le contrôle du processus national avant d’aller aux urnes.

Michel Soukar estime que la crise actuelle est le résultat de dynamiques anciennes et de défaillances accumulées au fil des décennies. Il rejette ainsi l’idée d’un effondrement dû à une simple fatalité et met en cause les responsabilités de ceux qui, selon lui, avaient pour mission de protéger les institutions et l’intérêt national. Face à cette situation, l’historien considère toutefois qu’une marge d’action demeure possible. Parmi ses propositions figurent la création d’un cadre de concertation, l’adoption de mesures permettant de restaurer l’autorité de l’État et l’élaboration d’un pacte patriotique réunissant les forces vives du pays.

Dans sa démarche, l’ancien chroniqueur propose également une architecture de transition crédible, la mise en place d’une instance de gouvernance consensuelle, qu’il qualifie de « gouvernement de Salut public », puis l’organisation d’élections dans de meilleures conditions. Pour lui, un scrutin crédible nécessite d’abord un contrôle effectif du territoire et des institutions électorales. Il serait irréaliste d’attendre la disparition complète des gangs avant d’engager, à ses yeux, la reconstruction institutionnelle, compte tenu du temps que pourrait prendre leur démantèlement. Les élections devraient donc, selon lui, découler d’un processus politique et institutionnel structuré plutôt que constituer une réponse isolée à la crise.

À travers cette lettre, Michel Soukar lance donc un appel à la responsabilité collective. Son message est clair : Haïti ne peut pas simplement changer de dirigeants sans reconstruire les conditions permettant à l’État et à la société de fonctionner. Dans son analyse, le véritable enjeu dépasse la prochaine élection : il s’agit d’empêcher que la crise actuelle ne conduise à un affaiblissement durable du pays sur les plans politique, institutionnel et historique.

R. J.

Auteur : InfoNation

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