Pétion-Ville, le 16 septembre 2026.- La Banque mondiale met en lumière les effets persistants de la crise sécuritaire sur l’économie haïtienne, tout en relevant des signes de résistance dans certaines régions et certains secteurs. Dans son rapport Haiti-Pathways to Growth Amid Rising Risks, rendu public le lundi 14 septembre, l’institution identifie également plusieurs conditions nécessaires à une reprise de l’activité.
L’économie haïtienne poursuit sa longue période de recul. Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut s’est contracté pour une septième année consécutive en 2025, dans un environnement marqué par l’insécurité, les déplacements de population et une forte inflation. Le rapport estime qu’en mai 2026, environ 1,47 million de personnes avaient été déplacées à l’intérieur du pays en raison des violences.
Parallèlement, 5,7 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. L’institution relève également une détérioration de la productivité depuis 2019, ce qui pèse davantage sur les capacités de production du pays.
Le document fait cependant ressortir une réalité moins uniforme. Alors que la région métropolitaine de Port-au-Prince concentre une grande partie des difficultés économiques, certaines activités continuent de fonctionner dans les corridors du Nord et du Sud. La Banque mondiale cite notamment le corridor nord, où l’activité portuaire de Cap-Haïtien et les zones industrielles continuent de soutenir l’économie locale. Environ 16 000 emplois manufacturiers seraient toujours maintenus dans les parcs industriels de cette région. Les transferts de la diaspora constituent, eux aussi, une source majeure de ressources pour le pays : ils ont atteint 4,4 milliards de dollars en 2025, soit près d’un sixième du Produit intérieur Brut (PIB).
Pour la Banque mondiale, ces ressources et ces activités ne suffisent toutefois pas, à elles seules, à inverser la tendance.
L’institution voit notamment dans l’agriculture un potentiel encore insuffisamment exploité. Le secteur représente environ 18 % du PIB et demeure une source essentielle de revenus pour les ménages. L’amélioration des infrastructures rurales, de l’irrigation, de l’accès aux intrants et aux marchés figure parmi les pistes identifiées. La Banque mondiale insiste parallèlement sur la nécessité d’améliorer la sécurité et le fonctionnement des institutions, tout en relevant le poids considérable de l’économie informelle, estimée à 61 % du PIB dans son analyse.
À travers ce rapport, la Banque mondiale présente donc une économie haïtienne fortement fragilisée, mais pas dépourvue de capacités de rebond. Les activités qui subsistent dans certaines régions, les milliards transférés par la diaspora et le potentiel agricole constituent des ressources déjà disponibles. Leur transformation en croissance durable dépend toutefois, selon l’institution, d’une amélioration des conditions de sécurité, du renforcement des institutions et d’une meilleure capacité productive.
R. J.






