Miami, 14 octobre 2026.- Au deuxième jour de la reprise des audiences, mardi 13 octobre, devant un tribunal fédéral à Miami, les échanges extraits des téléphones de plusieurs accusés ont occupé une place centrale dans le procès lié à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse. Selon le compte rendu du journaliste Lukson Saint-Vil, les messages examinés par l’agente spéciale du FBI Elizabeth Wieder évoquent des difficultés financières, des désaccords sur le choix des dirigeants appelés à remplacer le chef de l’État et des démarches présumées visant à rallier des responsables politiques et sécuritaires au projet.
Après une suspension liée au week-end et au jour férié observé lundi aux États-Unis, les audiences ont repris mardi. Selon le reportage, le procès en était au 14ᵉ ou au 15ᵉ témoin, sur une liste de 57. L’agente du FBI Elizabeth Wieder a poursuivi son témoignage sur l’extraction des données des téléphones saisis, notamment les messages, les photos, les vidéos, les enregistrements vocaux et les documents. Les avocats de la défense et ceux du gouvernement l’ont interrogée sur les échanges qui auraient précédé, accompagné et suivi l’assassinat.
Les messages présentés à l’audience font notamment état de difficultés à financer les mercenaires jusqu’au 6 juillet 2021, alors que le projet évoqué visait à renverser Jovenel Moïse et à installer un autre dirigeant à la tête du pays. Plusieurs scénarios auraient ensuite été envisagés. Le médecin Christian Emmanuel Sanon aurait d’abord été pressenti pour accéder à la présidence, avant que cette option ne soit écartée, notamment en raison de sa citoyenneté américaine et des obstacles constitutionnels évoqués dans les échanges.
D’après les éléments rapportés par Lukson Saint-Vil, un autre scénario aurait privilégié la juge Wendelle Coq Thélot à la présidence et l’ancien sénateur Joseph Lambert au poste de Premier ministre.Des messages auraient également fait circuler le nom de l’ancien sénateur Joseph Lambert et son numéro de téléphone dans le cadre de démarches présumées visant à obtenir le soutien de différents acteurs. Ces éléments, rapportés dans le cadre du procès, ne constituent pas, à eux seuls, des conclusions judiciaires définitives sur le rôle des personnes citées.
Le reportage évoque également des échanges concernant Dimitri Hérard, qui aurait donné des assurances quant à une éventuelle installation de la juge Wendelle Coq Thélot au Palais national. La nature exacte de ces assurances et leur contexte doivent toutefois être précisés à partir des éléments présentés à l’audience.
D’autres noms auraient été évoqués dans les échanges, notamment celui d’Ezechiel, présenté dans le reportage comme l’ancien chef du « baz pilat », ainsi que ceux de personnalités politiques et sécuritaires, dont l’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Léon Charles. Les messages examinés auraient porté sur la recherche de soutiens et les moyens envisagés pour surmonter d’éventuels obstacles au projet.
De son côté, la défense de Christian Emmanuel Sanon aurait cherché à dissocier son client des aspects violents de l’opération. L’examen des données téléphoniques demeure ainsi un élément important des débats, tandis que les parties cherchent à établir le rôle précis de chaque accusé dans le complot présumé.
W. A.






