La Journée internationale de la démocratie est célébrée, ce mardi 15 septembre 2026, à travers le monde. Instituée par les Nations unies, cette Journée rappelle que la démocratie ne se résume pas à la tenue d’élections. Elle repose également sur la participation citoyenne, la protection des droits humains, la liberté d’expression, l’État de droit et l’existence d’institutions capables de garantir l’exercice des libertés publiques. En 2026, l’ONU met notamment l’accent sur la participation des citoyens aux décisions publiques et sur les mécanismes de dialogue permettant de mieux prendre en compte les différents points de vue de la société.
En Haïti, ces principes sont confrontés depuis plusieurs années à une détérioration du fonctionnement institutionnel et de la représentation politique. L’absence d’élections nationales depuis près d’une décennie, l’expiration successive des mandats électifs, les périodes de transition et l’insécurité ont considérablement réduit les espaces de participation politique. Dans son rapport 2026, Freedom House attribue à Haïti un score de 22 sur 100 en matière de libertés politiques et civiles, contre 24 en 2025 et 30 en 2024. L’organisation souligne notamment les difficultés persistantes du système électoral, les restrictions imposées par la violence des gangs armés et l’affaiblissement de l’État de droit.
La crise démocratique haïtienne ne concerne toutefois pas uniquement les élections. L’Analyse commune de pays publiée par les Nations unies en 2025 fait état d’une aggravation des problèmes liés à l’impunité, à la gouvernance, à l’exclusion économique et aux rapports entre réseaux politiques, intérêts économiques et violence. La montée des groupes armés réduit également la capacité de l’État à assurer la sécurité et les services essentiels, avec des conséquences directes sur la liberté de circulation et la participation citoyenne. À l’occasion de cette journée, la situation haïtienne rappelle ainsi que la démocratie se construit au-delà des urnes : elle dépend aussi de la solidité des institutions, de la sécurité des citoyens, de la libre circulation des biens, de la liberté de la presse et de la possibilité pour chaque Haïtien de participer effectivement à la vie publique.






