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Médiation scientifique dans les Caraïbes

Direction éditoriale de l’Espace Sciences et Société

(Selon le recueil « La vision de l’ANESRS », mars 2026)

Dans le document, la médiation scientifique est principalement analysée dans le contexte haïtien, mais elle est explicitement située dans une perspective caribéenne régionale. Elle apparaît comme un levier essentiel de transfert de connaissances, de construction d’une culture scientifique et de coopération régionale, dans une zone confrontée à des défis communs.

1. Le contexte caribéen partagé

Le recueil souligne que les pays de la Caraïbe partagent des défis structurels similaires (section 2.2.6) :

• petite taille des économies ;

• forte vulnérabilité aux catastrophes naturelles et au changement climatique ;

• migrations massives de compétences (fuite des cerveaux) ;

• sous-financement de la recherche et fragmentation institutionnelle.

Dans ce cadre, la coopération régionale en matière d’enseignement supérieur et de recherche n’est « pas un luxe mais une nécessité stratégique ». L’ANESRS est invitée à s’inscrire résolument dans les réseaux caribéens et francophones, notamment via l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et la Conférence régionale des recteurs de la Caraïbe (C2R-Caraïbe).

2. La médiation scientifique : un outil de transfert adapté à la région

La médiation scientifique est définie comme la communication et la diffusion des connaissances vers des publics non spécialistes. Pour Haïti (et par extension pour la Caraïbe), où une grande partie de la population n’a pas accès à l’enseignement supérieur, elle constitue un levier essentiel pour que les bénéfices de la recherche atteignent l’ensemble de la société.

Le document met en avant deux exemples haïtiens qui illustrent des formes de médiation transposables à l’échelle caribéenne :

• Clubs de jeunes en sciences de l’eau (Bernard, 2025) : nouvelles formes de médiation qui connectent la recherche aux citoyens, éveillent les vocations scientifiques et diversifient les profils.

• CAFECLIMAT (Noncent, 2025) : format de café-débat scientifique engageant les jeunes sur les enjeux climatiques.

Ces initiatives de science citoyenne et de médiation sont présentées comme des composantes à part entière d’un écosystème d’innovation : elles construisent une culture scientifique, identifient les besoins de recherche à partir des préoccupations citoyennes et diffusent les résultats vers les utilisateurs finaux.

3. Dimension régionale et modèles de coopération

Le Laboratoire Mixte International CARIBACT (Risques naturels, variabilité climatique et impacts dans le nord des Caraïbes) est cité comme un modèle exemplaire de partenariat scientifique ancré en Haïti et ouvert à la région. Il intègre des collaborations régionales et vise le transfert de connaissances vers les décideurs et la société civile, ce qui rejoint directement les objectifs de la médiation scientifique.

Le document propose également :

• l’organisation d’un Sommet Haïti-Caraïbe sur la Science et l’Innovation (2026-2027) ;

• le renforcement des réseaux caribéens pour mutualiser les efforts de vulgarisation et de médiation ;

• l’alignement sur les standards caribéens en matière d’assurance qualité et de gouvernance universitaire (référence à l’ouvrage Gouvernance universitaire dans la Caraïbe, Demero, Theus & Jean Claude, 2025, et à l’atelier de novembre 2024 organisé par la C2R-Caraïbe).

4. Recommandations pour l’ANESRS

En matière de médiation scientifique et de culture scientifique, le document recommande explicitement de :

1. Soutenir les initiatives de science citoyenne, les clubs de jeunes scientifiques et les formats innovants de vulgarisation (ex. CAFECLIMAT).

2. Intégrer la médiation scientifique comme une mission reconnue et valorisée des universités haïtiennes (et, par extension, caribéennes).

Cette approche régionale permettrait de mutualiser les expériences, de renforcer la visibilité scientifique de la Caraïbe et de positionner Haïti comme un hub de médiation et de transfert de connaissances dans le nord de la région.

Synthèse

Dans la vision de l’ANESRS, la médiation scientifique dans les Caraïbes n’est pas un enjeu purement national. Elle s’inscrit dans une stratégie régionale de coopération qui répond aux défis communs de vulnérabilité climatique, de faible accès à l’enseignement supérieur et de nécessité de démocratiser le savoir. Les initiatives haïtiennes (clubs, CAFECLIMAT) et les modèles comme CARIBACT offrent des bases concrètes pour développer une médiation scientifique caribéenne inclusive, ancrée dans les réalités locales et tournée vers le transfert d’impact.

Auteur : InfoNation

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