Dr Harry J. Beauvais
Port-au-Prince, le 31 août 2026.- Invité du Panel Magik ce lundi 31 août, le Dr Harry J. Beauvais a présenté les grandes lignes de l’Institut Haïtien de Fertilité, une nouvelle initiative destinée à améliorer la prise en charge de l’infertilité en Haïti. Le projet prévoit un centre de fertilisation in vitro de haut niveau, ainsi qu’un réseau de formation et de soins de proximité pour rendre les traitements de fertilité accessibles dans différentes régions du pays.
Selon le Dr Beauvais, l’infertilité concerne aussi bien les femmes que les hommes. Il explique que, dans les données locales évoquées au cours de l’émission, environ 36 % des cas seraient liés exclusivement à des facteurs féminins, contre 33 % à des facteurs masculins. Dans près de 20 à 25 % des cas, les difficultés concerneraient les deux partenaires, tandis qu’environ 10 % des situations resteraient inexpliquées.
Chez la femme, les infections des trompes, souvent associées à des infections sexuellement transmissibles, figurent parmi les principales causes identifiées en Haïti. Le spécialiste cite également les malformations de l’utérus, les troubles de l’ovulation et l’endométriose. Chez l’homme, les causes peuvent notamment être liées aux infections, à certaines anomalies génétiques, aux problèmes de développement des testicules, ainsi qu’à la consommation d’alcool, de tabac, de drogues ou à certaines maladies comme le diabète.
Le Dr Beauvais estime qu’une grande partie des causes d’infertilité peuvent être traitées. Les solutions vont du traitement des infections et de la régulation de l’ovulation à l’insémination intra-utérine et, dans certains cas, à la chirurgie. Lorsque les traitements conventionnels ne suffisent pas, la fécondation in vitro (FIV) constitue une option de prise en charge plus complexe.
Fort de son expérience dans le domaine de la fertilité, le médecin explique que le nouveau projet vise à aller au-delà de la prise en charge concentrée dans la région métropolitaine. L’Institut Haïtien de Fertilité ambitionne ainsi de développer des services accessibles également dans le Grand Nord, le Grand Sud et le Centre, notamment à travers la formation de médecins, d’infirmières et de sages-femmes.
Le projet repose sur deux volets : un centre de fertilisation in vitro doté de technologies modernes et un dispositif de soins de proximité consacré aux traitements de fertilité de moindre complexité. Le Dr Beauvais indique que des collaborations techniques, surtout avec des partenaires universitaires étrangers, ont contribué à la conception du centre, qui serait aujourd’hui pratiquement prêt à fonctionner.
Enfin, le spécialiste souhaite un partenariat avec le ministère de la Santé publique et de la Population afin d’étendre ces services à la population. Selon lui, une telle collaboration permettrait de mieux répondre aux besoins des couples confrontés à l’infertilité et de réduire les inégalités d’accès aux soins spécialisés en Haïti.
W. A.






