Pétion-Ville, le 19 août 2026.- Après une décennie marquée par des crises politiques, sécuritaires et économiques, Haïti se prépare à organiser ses premières élections générales. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé présente ce scrutin comme une occasion de renouveler la classe politique et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.
Selon un article du Miami Herald, paru le 18 août, Alix Didier Fils-Aimé estime que la violence des gangs, les déplacements massifs de population et la dégradation des conditions de vie ont provoqué une prise de conscience, notamment chez les jeunes. Il affirme vouloir traduire cette dynamique par l’arrivée de responsables plus jeunes au sein de l’administration.
Mais cet espoir se heurte aux profondes faiblesses du système politique haïtien. Le calendrier électoral, l’organisation du scrutin et l’inscription des électeurs font déjà l’objet de nombreuses critiques. Certains acteurs politiques doutent également de la capacité du gouvernement à garantir un processus réellement impartial, notamment en raison des liens entre certains responsables au pouvoir et des regroupements politiques en préparation, ajoute le journal floridien.
Le pays s’apprête ainsi à tourner une page après huit années sans Parlement fonctionnel et cinq ans sans président élu, depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021. Les élections pourraient permettre l’arrivée de nouveaux visages, mais leur jeunesse ou leur niveau d’instruction ne garantissent pas, à eux seuls, un changement dans les pratiques politiques.
Selon les propos du sociologue Géraldo Saint-Armand, rapportés par Miami Herald, le renouvellement générationnel ne suffit pas à produire de meilleurs dirigeants. Le véritable enjeu sera donc de déterminer si cette nouvelle génération est capable de rompre avec les anciennes pratiques et de proposer une gouvernance différente.
En plus de la tenue du scrutin, la question centrale reste ainsi celle du changement politique réel : Haïti parviendra-t-elle à transformer son renouvellement électoral en véritable rupture avec son passé politique ?
W. E.






