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ProAI : Haïti veut faire de l’intelligence artificielle un levier de croissance économique et de transformation institutionnelle

©️photo : Wilson Cadet

Port-au-Prince, 13 août 2026.- La signature d’un protocole de collaboration entre Banj, l’ISOC Haïti, l’ESIH et l’ARAI ouvre une nouvelle étape dans le processus d’élaboration d’une feuille de route nationale sur l’intelligence artificielle. Lors de la présentation organisée, le lundi 10 août à Port-au-Prince, les responsables ont insisté sur la formation, la gouvernance des données et la nécessité d’un engagement politique pour permettre à Haïti de mieux tirer profit de la révolution de l’IA.

L’intelligence artificielle ne devrait pas être considérée uniquement comme une nouvelle technologie, mais comme un potentiel levier de transformation économique et institutionnelle pour Haïti. C’est l’une des principales idées ayant émergé lors de la présentation publique des premiers travaux du Programme de création d’opportunités numériques en Haïti par l’IA (ProAI). Portée par Banj avec l’appui de la Banque interaméricaine de développement (BID), cette initiative a rassemblé notamment l’Internet Society Chapter Haïti (ISOC Haïti), l’École supérieure d’infotronique d’Haïti (ESIH) et l’Association for Responsible AI (ARAI).

Dans son intervention, Marc Alain Boucicault, PDG de Banj, a défendu une vision de l’IA tournée vers la création de nouvelles opportunités économiques. Selon lui, le projet doit notamment contribuer à créer de la croissance dans le pays. Il doit aussi favoriser une transformation dans les méthodes de travail des acteurs.

La question de la sécurité numérique occupe également une place importante dans les discussions. L’ISOC Haïti, partenaire du processus, intervient notamment sur les enjeux liés à la cybersécurité, à la gouvernance d’Internet et à l’utilisation responsable des technologies. Les documents présentés lors de la conférence identifient par ailleurs la gouvernance des données comme l’un des éléments fondamentaux à prendre en compte dans la construction d’un cadre national consacré à l’intelligence artificielle. L’objectif est notamment d’éviter que l’adoption de l’IA ne se fasse sans règles adaptées au contexte haïtien.

De son côté, Patrick Attié, directeur général de l’ÉSIH, a insisté sur le potentiel dont dispose déjà Haïti dans le domaine technologique. Il a notamment présenté le pays comme un acteur particulièrement intéressé par l’intégration de l’intelligence artificielle dans la Caraïbe, en évoquant les initiatives et activités récentes qui ont permis de mobiliser des milliers de personnes autour de ces questions.
La rencontre du 10 août marque ainsi une étape dans un processus qui doit encore s’élargir à d’autres secteurs. Les deux documents présentés : le mapping de l’écosystème de l’IA en Haïti et le guide de référence pour l’élaboration d’une stratégie nationale d’IA dans les pays à ressources limitées sont ouverts aux commentaires et aux contributions des institutions publiques et privées, du secteur éducatif, de la société civile, des médias, de la diaspora et des experts.

Une période de contributions est prévue entre août et septembre 2026, avant la poursuite des consultations en 2026-2027 et la consolidation des documents en 2027. La feuille de route nationale pour l’IA est, elle, annoncée pour la période 2027-2028.

Wilson Cadet

Auteur : InfoNation

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