L’homme d’affaires Astrel Joseph
La reconstruction reste insuffisante et les mêmes vulnérabilités persistent, cinq ans après le tremblement de terre ayant frappé la péninsule du Sud, selon l’homme d’affaires Astrel Joseph. Invité de l’émission Magik 9 ce jeudi 13 août 2026, il estime que le véritable défi n’est pas seulement de réparer les bâtiments détruits, mais de repenser l’aménagement du territoire, de faire respecter les normes de construction et de renforcer la collaboration entre l’État, les collectivités territoriales et le secteur privé.
Selon Astrel Joseph, les catastrophes successives qui ont frappé le Grand Sud ont révélé la fragilité des infrastructures et l’absence d’une véritable politique de reconstruction durable. Le séisme de 2021, suivi quelques jours plus tard par la tempête tropicale Grace, aurait dû, selon lui, conduire à une nouvelle manière de construire et d’aménager les villes.
« Ça a montré notre fragilité et nos zones vulnérables. Ça a montré le besoin pour nous de construire autrement « , souligne-t-il, insistant sur la nécessité de partenariats plus solides entre l’État et le secteur privé.
Repenser l’aménagement du territoire
Pour lui, la reconstruction du Grand Sud doit commencer par un plan de réaménagement du territoire permettant d’identifier les zones les plus sûres pour l’habitat et les activités économiques. Il cite notamment les zones hydrauliques, les berges et les espaces devenus progressivement urbanisés sans planification adéquate.
Astrel Joseph préconise également l’intégration de ces orientations dans les plans communaux de développement, ainsi qu’un important travail de sensibilisation de la population.
L’homme d’affaires insiste surtout sur le respect des normes de construction. Selon lui, les institutions chargées du contrôle doivent exercer pleinement leurs responsabilités afin d’empêcher la construction de bâtiments sans autorisation, sans plans appropriés ou sans supervision technique.
« Nous renforçons nos vulnérabilités «
Cinq ans après le séisme, le constat demeure préoccupant. Pour Astrel Joseph, les réparations effectuées après les catastrophes ne doivent pas simplement reproduire les mêmes modèles de construction.
« Nous renforçons nos vulnérabilités parce que nous n’avons pas construit autrement « , affirme-t-il, regrettant que les leçons des catastrophes précédentes soient rapidement oubliées.
Il appelle ainsi à une véritable prise de conscience collective, tant du côté des autorités publiques que de la société civile et du secteur privé.
La société civile appelée à jouer son rôle
Au-delà de la reconstruction physique, Astrel Joseph appelle également à davantage d’initiatives de sensibilisation et de mobilisation autour de la mémoire du séisme.
Selon lui, cinq ans après la catastrophe, il faut pouvoir mesurer concrètement les changements intervenus dans les comportements, les constructions et les politiques publiques. Les initiatives, réunions et activités commémoratives ne suffisent pas si elles ne débouchent pas sur des changements durables.
Il dénonce enfin la responsabilité partagée entre citoyens, secteur privé et autorités lorsque les normes de construction ne sont pas respectées. Pour lui, certains manquements peuvent être favorisés par la complicité ou la défaillance de personnes chargées de faire appliquer les règles.
W. A.






